Winston Morales Chavarro                        Link

LES HABITANTS

Les arbres à Schuaima
sont des hommes pétrifiés
qui ont adopté le langage de vieilles tours de blé.
 
Hommes qui avant d’être en bois étaient boue
avant d’être cendre étaient feu
et flambaient dans la nuit
comme une conque de blé
ou une étoile de ramages et de mâtures.
 
Dans ma mémoire d’étranger
persiste leur position de Nobles
leurs visages de guerriers baisés par le soleil ;
leur posture d’archers
au-dessus d’une rossinante de mousse et de pierres.
 
Arbres de Schuaima
hommes en bois qui se lèvent avec leur chant de corneille
et se déversent par la plaine
pour disperser leur ombre ou leur plainte.
 
Quichotes de tailles graciles
Dans lesquelles Dulcinée tisse une toile d’invocations
tandis que l’obèse de Sancho
rêve de Barataria
dans la courbe parfumée du jarume ou du  caroubier.
 
Eux ;
les arbres de Schuaima
hommes qui ont préféré se vêtir de pluie ;
colonnes de feuilles sèches sur les bords de la forêt et du rêve.
 
THE INHABITANTS
 
In Schuaima trees
Are  human beings petrified
Who speak the language of old wheat’s towers
 
Human beings who were mud before turning to be wood
Fire before becoming ash
And were burning in the night
Like a conque of wheat
Or a star of songs and masts.
 
In my mind of foreigner
Persist their position of Nobles
Their faces of warriors kiss by the sun;
Their pose of archers
Over d’une rossinante de mousse and stones.
 
Trees of Schuaima
Human beings made with wood that wake up with their crow-like song
And flocked through the valley
To scattered their shadow or complaint.
 
Quichotes of slender sizes
Darling weaves in you a web of invocations
Meanwhile the obese of Sancho
Dreams of Barataria
In the perfumed curve of the yarum or the carob.
 
Them;
The trees of Schuaima
Human beings that choose to dress themselves with rain
Columns of dry leaves by the edge of the forest and the dream.